Association Stendhal et des amis du musée Stendhal (Grenoble)

Association Stendhal et des amis du musée

Stendhal (Grenoble)

Média – Filmographie

 

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Stendhal a inspiré de nombreux réalisateurs qui ont su s’entourer de grands interprètes. Ce sont des films essentiellement inspirés par ses romans. Mais il y a aussi une tradition de films d’une évidente sensibilité stendhalienne, avouée ou non.

Bibliographie : l’article de Jean Serroy dans Stendhal, la révolte et les rêves. 2006, chez Glénat.

Au cinéma

 

La Chartreuse de Parme (1947)

De Christian Jacques.

Avec Gérard Philippe, Maria Casarès et Renée Faure.

Le film malheureusement prend de grandes libertés avec le roman et, disons-le, a vieilli. Il est sauvé par Gérard Philippe (Fabrice) et Maria Casarès (la Sanseverina).

 

Le Rouge et le Noir (1954) de Claude Autant-Lara.

On y retrouve Gérard Philippe (Julien), Danielle Darrieux (Mme De Rênal) et la très belle Antonella Lualdi (Mathilde).

 

Vanina Vanini (1961) de Roberto Rossellini avec Sandra Milo et Laurent Terzieff.

 

Mina de Vanghel (1952) de Maurice Clavel et Maurice Barry.

 

De l’Amour (1964) Voir l'extrait

De Jean Aurel.

Sur un scénario et des dialogues de Cecil Saint-Laurent (pseudonyme de Jacques Laurent, vrai stendhalien par ailleurs).

Avec Anna Karina, Michel Piccoli et Elsa Martinelli. Un amour de film.

 

Lamiel (1967)

De Jean Aurel.

Avec Anna Karina, Michel Bouquet (Sansfin), Jean-Claude Brialy, Robert Hossein et Bernadette Lafont.

Adaptation libertine servie par une pléiade d’acteurs.

 

L’Abbesse de Castro (1974) de Armando Crispino.

 

Adaptations pour la télévision

 

Le Rouge et le Noir (1961) de Pierre Cardinal.

Avec Micheline Presle, Marie Laforêt et Robert Etcheverry.

 

Lucien Leuwen (1972) de Claude Autant-Lara (adaptation d’Aurenche et Bost).

 

La Chartreuse de Parme (1981) de Mauro Bolognini.

 

Le Rouge et le Noir (1997) Voir le téléfilm
De Jean-Daniel Verhaeghe, dans une adaptation de Jean-Claude Carrière avec notamment Carole Bouquet.

 

Films de sensibilité stendhalienne (et très italienne !)

Bien sûr il s’agit là de pistes sans que nous puissions prétendre être exhaustif.

 

Prima della rivoluzione (1964) Voir la bande annonce

De Bernardo Bertolucci.

 

Intérieur d’un couvent (1977) de Valerian Borowczyk (tiré des Promenades dans Rome).

 

Senso et Le Guépard

Deux films de Luchino Visconti qui manifestent une parenté étroite avec Stendhal, comme d’ailleurs toute l’œuvre et la personnalité de Visconti.

 

Syndrome de Stendhal (1996) de Dario Argentino.

 

Dolce farniente (1998) de Nae Caranfil.

Adaptation du roman de Frédéric Vitoux  La comédie de Terracina.

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Charles Ramuz, un style peu orthodoxe

 

Ramuz, né un siècle après la naissance de Stendhal au milieu des vignes de Lavaux, a été le chantre de cette terre pentue, du Rhône et du lac Léman. On le compare à Giono pour l’enracinement de son écriture dans la nature sauvage ou cultivée (l’écrivain provençal a admiré Derborence et a reconnu en avoir été troublé avant l’écriture de sa Bataille dans la Montagne).

 

Dès sa licence de lettres classiques en poche, vers l’âge de vingt ans, il fuit son milieu d’origine, qui ne le comprend pas et l’étouffe, pour Paris, capitale culturelle.

Le faux prétexte à ce long séjour (commencer un doctorat) lui vaut quelques coupures de vivre paternelles. Il y a vécu en solitaire (collaborant à plusieurs journaux pour vivre) pendant une douzaine d’années.

Assailli de doutes, il s’y interroge sur son destin, le bonheur, son avenir d’écrivain, son style littéraire… Il s’y ennuie, lui aussi, de ses montagnes et de son cher lac, un personnage omniprésent dans son œuvre. En 1914, dégoûté par la déflagration qui se prépare, il réintègre le giron de son pays vaudois (pour ne plus le quitter) pour… le peindre.

 

Une occurrence de son journal (tenu depuis l’âge de 17 ans, témoin du parcours d’un homme anxieux, pour qui l’art et l’expression sont les seules voies du salut), établit ses convictions littéraires : « 4 mai 1903 – J’en viens à un grand dégoût pour tout ce qui n’est pas art en littérature : le dégoût de l’érudition, de la critique, de tout ce qui n’est pas création et peinture, de tout ce qui est raison seulement, sec et laborieux (Stendhal y contribue). Et surtout de la psychologie. »

Bien que discret sur ses auteurs préférés, dans un texte intitulé « Les grands moments du XIXe Siècle Français, il consacre le plus long développement à une fine analyse de l’art de Stendhal, son rattachement aux courants artistiques du siècle. Même Victor Hugo n’est pas aussi bien traité !

 

Ses romans sont portés par son style unique : irruption du présent au milieu d’une phrase, mélange des temps qui rendent le présent dense et incandescent, langue vaudoise aux accents paysans transfigurée par une écriture singulière, moderniste, au confluent des révolutions artistiques du XXe siècle : il avoue que son modèle littéraire est… Cezanne. Un style qui a été combattu, parfois violemment, par la critique (un auteur l’a même traité avec mépris de « parlature » !). Il se justifie dans une lettre à son éditeur, Bernard Grasset : « … Et ce ne serait rien encore si seulement « j’écrivais mal », mais on m’accuse encore de mal écrire « exprès » (…) je serais ainsi « dans le faux ». Ai-je besoin de vous dire que cette accusation est de beaucoup pour moi la plus grave de toutes, la seule à vrai dire qui me touche ? Elle va très exactement en sens inverse de toutes mes tendances, de toutes mes recherches : elle me touche au point central, ayant toujours tâché au contraire d’être véridique et ne m’étant mis à « mal écrire » que précisément par souci d’être plus vrai ou, si on veut, plus authentique ».

 

Si Balzac encensait la Chartreuse de Parme, les soutiens inconditionnels de Ramuz ont pour noms aussi différents que : Paul Claudel, André Gide, André Maurois, Céline… Il ne reste connu que de quelques « happy few » et ses livres se vendent très mal. Il a manqué de très peu le Goncourt et un prix Nobel aurait dû distinguer son œuvre.

En dehors de ses romans, de nombreux textes sont dignes du plus grand intérêt : Histoire du Soldat (pièce de théâtre musical dont Stravinsky a écrit la musique, régulièrement joué), Remarques, Notes et Articles, Questions, Taille de l’Homme, Besoin de Grandeur, l’Exemple de Cezanne (un mets de mots de choix ! un bijou !), etc.

 

En bref, si vous ne le connaissez pas ou mal, ouvrons le catalogue de la Pléiade, extraits : « Ramuz voilà un cas.

Qu’un écrivain de cette dimension puisse être aussi méconnu, cela dépasse l’entendement. Il est l’un des quatre ou cinq plus grands poètes de la prose du 20e siècle… Ramuz étonne. Conformistes s’abstenir… ».

 

Daniel Plumet